Origines et histoire de la sodina
La sodina est un instrument de musique typiquement malagasy. Il est utilisé comme moyen de communication avec les esprits dans les cérémonies spirituelles, et d’animation lors des festivités.
Les recherches linguistiques et ethnologiques indiquent que cet instrument est originaire des pays parlant des langues austronésiennes : Indonésie, Singapour, la Malaisie, Madagascar, Taïwan, l’Océanie… Selon toujours les chercheurs scientifiques, il présente des grandes similarités avec la flûte suling de l’Indonésie.
La sodina dans la culture
La sodina a une place prépondérante dans la culture des peuples des hauts plateaux de Madagascar. Elle fait partie des instruments de l’orchestre folklorique qui accompagne le vakodrazana ou le hira gasy. Ce dernier consiste en un spectacle populaire incluant des chants et des danses chorégraphiques illustrant des saynètes, appuyées par des joutes oratoires… En plus de cette flûte, les musiciens utilisent aussi des aponga ou tambours ainsi que des trompettes.
Pour la promotion de la musique traditionnelle malagasy à l’étranger, les artistes ne se limitent pas au hira gasy. Ils proposent également le ba gasy. Ce style musical a été lancé dans les années quarante par des artistes comme Rasamy Gitara, Razilinah Randrianarivelo…
Cet instrument à vent est prisé pour animer des événements familiaux comme le famadihana ou « retournement des morts », le famorana ou « circoncision »… Dans les années 1970, des artistes comme Jean Colbert Ranaivoarisoa font connaître cette musique à l’international.
Erick Manana figure parmi les artistes qui contribuent au développement du ba gasy en utilisant cet instrument. Rakoto Frah, véritable icône de la sodina à Madagascar, a contribué à la notoriété de cette flûte traditionnelle à l’échelle internationale. Il était, la plupart du temps, accompagné par une virtuose de la valiha, Randafison Sylvestre. Les descendants de Rakoto Frah, cet illustre illettré, continuent de promouvoir cet héritage musical à travers le monde.
Par ailleurs, l’engouement pour cette flûte traditionnelle ne se limite pas dans les hauts plateaux. Elle est aussi utilisée pour des animations festives à Mahajanga, à Toliara…