Fonctionnement du tambour yaylı
Le yaylı tambur est reconnaissable à la disposition de ses frettes, placées en micro-intervalles. Ces derniers correspondent à un intervalle musical dont la note n’apparaît pas sur la notation ou le clavier. Autrement dit, ils donnent l’occasion de jouer des tons entre les notes d’une gamme classique (occidentale). Un micro-intervalle est plus petit qu’un demi-ton.
En raison de sa tessiture de deux octaves et demie, ce tambour à cordes pincées est considéré comme l’objet musical ayant une sonorité la plus proche de la gamme vocale des humains. Cette caractéristique est propre à la musique turque.
Pour jouer du tambour yaylı, le musicien dispose l’instrument à la verticale, soit sur ses genoux, soit entre ses mollets. Ainsi, l’exécutant bénéficie d’une meilleure stabilité. L’archet utilisé en vue de frotter les cordes est semblable à celui du violoncelle. Il est primordial de garder le manche perpendiculaire au sol.
Ensuite, l’instrumentiste appuie sur le crin avec son auriculaire, en tenant l’arc fermement avec son majeur et son annulaire. Les doigts restants, le pouce et l’index, sont positionnés sur le bord éloigné de l’archet. Afin de produire des sons harmonieux, le musicien joue au niveau de la zone de la double corde, c’est-à-dire le point où se croisent les deux cordes inférieures situées à gauche. Ces dernières sont positionnées à environ deux millimètres plus haut que les autres fils situés à la même hauteur.
Le son peut aussi être produit en appuyant sur les parties non frettées. De plus, les frettes sont mobiles, donnant ainsi la possibilité de les ajuster en fonction du style et des envies.