Insectifuge
La stramoine constitue un insecticide naturel en raison de sa composition chimique riche en alcaloïdes. Des recherches scientifiques ont révélé une activité répulsive et toxique des extraits de la plante. Ils sont efficaces contre les pucerons, les mouches ou les fourmis. Les molécules d’atropine, d’hyoscyamine et de scopolamine interfèrent avec le système nerveux et le comportement de ces insectes.
Ils altèrent leur capacité à s’approcher des parties aériennes de la plante et de se nourrir. Traditionnellement, des décoctions de feuilles de Datura stramonium étaient pulvérisées pour lutter contre les parasites et les insectes nuisibles. Elles étaient employées pour protéger les cultures et les habitations.
D’autres analyses sont nécessaires pour confirmer ces propriétés insectifuges et pour mieux comprendre les mécanismes qui y sont associés. Par ailleurs, cette plante demeure hautement toxique, avec une fine limite entre la dose médicamenteuse et la dose létale de ses alcaloïdes.
Utilisations du Datura stramonium
Certaines populations indiennes avaient recours au Datura stramonium en tant que fumigation lors de cérémonies ou de rituels, en raison de ses effets hallucinogènes.
Au-delà de la médecine, l’herbe aux foux s’est révélée utile en agriculture, comme répulsif contre certains insectes et rongeurs nuisibles. En outre, ses alcaloïdes anticholinergiques avaient une valeur d’appât dans la fabrication des pièges à nuisibles.
En artisanat, l’huile de ses graines sert à la fabrication de lampes et de bougies. Par ailleurs, certaines applications cosmétiques s’inspirent des bienfaits décongestionnants de la stramoine sur la peau.
Néanmoins, ses différentes utilisations requièrent une préparation et une posologie bien contrôlées du fait de sa toxicité.
- Infusion des parties aériennes (5 g pour 150 ml d’eau chaude) : antispasmodique et sédatif en cas de toux, de bronchite ou d’insomnie.
- Décoction des racines (10 g pour 250 ml d’eau bouillante, une tasse par jour) : antalgique contre les rhumatismes ou les douleurs neuropathiques.
- Cataplasme : application locale des feuilles broyées pour soulager les douleurs articulaires ou musculaires.
- Collyre à base d’extraits de tiges (1 g pour 10 ml d’eau distillée) : mydriatique en ophtalmologie.
- Pulvérisation de décoction foliaire (10 g/L) : insectifuge ou répulsif contre les mouches et les pucerons en agriculture biologique.
Dans tous les cas, un contrôle médical s’impose avant toute utilisation de la stramoine à des fins médicinales.
Contre-indications et effets indésirables
La toxicité avérée du Datura stramonium nécessite d’être mentionnée en raison des risques sanitaires associés. Toutes ses parties contiennent des alcaloïdes tropaniques, responsables des effets anticholinergiques de la plante.
Les fruits se révèlent les plus dangereux, car ils renferment une grande quantité d’alcaloïdes. Les effets de la stramoine perdurent plusieurs jours et le traitement consiste surtout à soutenir les fonctions vitales.
Intoxication
L’ingestion d’une infime quantité, l’équivalent de deux à trois graines, peut engendrer des symptômes sévères tels que des céphalées, de la tachycardie ou des vertiges. Au-delà de cinq graines, le risque de coma et de troubles cardiaques est extrêmement élevé. Une intoxication importante peut entraîner la mort.
En raison de sa forte teneur en alcaloïdes, la stramoine peut produire de dramatiques effets indésirables en cas de surdosage ou d’intoxication. Les premiers symptômes sont des troubles visuels tels que la vision trouble ou la mydriase. Elles sont suivies de complications au niveau du système nerveux central :
- céphalées ;
- confusion mentale ;
- hallucinations ;
- agitation psychomotrice.
D’autres effets incluent une sécheresse buccale et cutanée, des troubles cardiaques tels que la tachycardie et des arythmies pouvant entraîner une hypotension. À dose excessive, le Datura stramonium peut provoquer la mort si les fonctions vitales ne sont pas supportées.